Mardi, 29 Juin 2010 09:22

USA. 2010. Réal. : Nimrod Antal. Scén.: Alex Litvak & Michael Finck d'après les personnages créés par Jim & John Thomas. Prod.: Elizabeth Avellan, John Davis, Robert Rodriguez. Photo : Guyla Pados. Dec.: Caylah Eddleblute, Steve Joyner. Musique : John Debney. Effets spéciaux : Howard Berger & Greg Nicotero. Effets visuels : Thierry Delattre, Sébastien Dostie, Chris Oliva.Dist.: 20th Century Fox. 1h40. Avec Adrien Brody, Tophe Grace, Alice Braga, Laurence Fishburn, Danny Trejo, Walton Goggins, Mahershalalhashbaz Ali, Oleg Taktarov, Louis Ozawa Changchien, Derek Mears , Carey Joners, Brian Steele. SORTIE : 14 JUILLET 2010.





Huit inconnus se retrouvent parachutés en pleine jungle. Venant de pays différents, ils sont tous habitués au combat, et comprennent rapidement qu'ils ont été enlevés sur une planète extra-terrestre pour servir de gibier à une immense partie de chasse…
Predators était un projet à la fois ambitieux et difficile, lancé sous des auspices plutôt bons puisque le producteur, Robert Rodriguez, est un fan de la première heure du film culte de John McTiernan, pour lequel il avait écrit un scénario de suite il y a de nombreuses années. C'est en quelque sorte l'heure de la revanche, et il nous sert bien évidemment cette madeleine de Proust truffée de clins d'œil – pour la plupart sonores – en véritable geek (il avait 21 ans lors de la sortie de Predator). Le film démarre sur les chapeaux de roues, la raison de l'exil forcé des soldats sur la planète étant expédiée en quelques phrases pour les nouveaux venus, qui sont priés de ne pas faire perdre de temps aux fans connaissant parfaitement l'univers dépeint ici. Très vite, les "hommages" se succèdent : vision thermique du Predator, combattant armé d'une mitrailleuse d'hélicoptère, "indigène" sentant la présence invisible, et jusqu'à la fille – à la différence qu'Alice Braga est plus proche de Jenette Goldstein dans Aliens que d'Elpidia Carrillo dans le film original. Puis, c'est la musique de John Debney (Spider-Man 2, Iron Man 2, Oscar pour La Passion du Christ) qui colle aux compositions mémorables d'Alan Silvestri, jusqu'aux rythmes de percussion accompagnant les déambulations dans la jungle. Et quelques répliques, reprises avec l'effet d'enregistrement du Predator ("Over here !"). On est donc en terrain connu, comme le veut la nature même de cette production, entre remake, reboot et spin off, pour accumuler les anglicismes. Le film fait directement allusion à l'original, en nous révélant que l'armée américaine avait eu vent de l'éprouvante aventure de Dutch, seul survivant du mano a mano avec l'alien rasta. Nimrod Antal met sagement en image le scénario classique – mais qui a au moins le mérite de respecter totalement le premier opus contrairement aux récentes "suites" qu'il vaut mieux oublier – écrit à quatre mains par Michael Finch et Alex Litvak qui font ici leurs premières armes dans le domaine.

Plus qu'un remake, le film ressemble à une version parallèle de ce qu'aurait pu être l'original. Mais pour offrir aux fans de la franchise un minimum de surprises, quelques nouveautés sont ajoutées à la trame, dont le terrain de jeu extra-terrestre et l'apparition de différentes castes de Predator. Hélas, ce sont aussi les vrais points faibles du film qui laissent planer plus de questions qu'elles ne fournissent d'explications plausibles. Fort heureusement, l'action est suffisamment soutenue pour que l'on ne s'arrête pas réellement à ces approximations scénaristiques. L'interprétation, quant à elle, a autant d'avantages que d'inconvénients : en faisant appel à des acteurs solides, le métrage s'appuie sur une fondation inébranlable, mais indique également qui seront les derniers survivants, et peut à l'occasion fruster les amateurs de Danny Trejo ou Laurence Fishburne en ne donnant pas assez de place à leur personnage. En conclusion, on pourrait dire que Predators, honnêtement mis en œuvre dans tous les compartiments (notamment les effets spéciaux à l'ancienne signés de légendaire studio KNB qui retrouve tout son talent à cette occasion), est une première pierre prometteuse dans l'optique du relancement d'une franchise laissée pour morte à la suite de bien mauvais traitements, mais du point de vue des fans de l'originale de 1987, cette production pourrait s'avérer un peu vaine.
Yann Lebecque


