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Critiques ciné

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(The Fourth Kind) USA. 2009. Réal. : Olatunde Osunsamni. Scén.: Olatunde Osunsanim, Terry Ribbins. Prod.: Paul Brooks, Joe Carnahan, Terry Robbins. Photo : Lorenzo Senatore. Dec.: Carlos Da Silva. Musique : Atli Orvarsson. Effets spéciaux : Ivo Jivkov, Giuliano Fiumani. Effets visuels : Mark Freund, Andrew Somers. Dist.: Metropolitan FilmExport. 1h38. Avec Milla Jovovich, Will Patton, Elias Koteas, Awolowa Odusami. SORTIE : 28 JUILLET 2010.



Une psychologue, Abbey Tyler, a étudié la population d'un village en Alaska dont les habitants étaient frappés de phénomène étranges : cauchemars récurrents et disparition. Ce qu'elle a vu, elle a décidé d'en témoigner devant la caméra, en s'appuyant sur des reconstitutions.

Le film s'ouvre sur une apparition éthérée de Milla Jovovich martelant à l'envi que ce que l'on s'apprête à voir est parfaitement réel et scientifiquement étonnant, les images d'archive servant de preuve irréfutable aux reconstitutions auxquelles elle participe, aux côtés d'excellents acteurs que sont Elias Koteas et Will Patton. Dans le rôle du réalisateur sérieux, on trouve Olatunde Osunsanmi, au nom imprononçable, mais qui ne passera pas à la postérité, puisqu'après l'épouvantable The Cavern, direct-to-video dont la médiocrité ne devait rien au manque de moyens et tout à l'absence de talent, recopie plate et ridicule du Descent de Neil Marshall, il pose ici sont papier calque sur Paranormal Activity, autre best-seller désargenté, pour en mimer maladroitement la mécanique, et parvenant à rater absolument tout ce qu'il entreprend, avec une constance qui forcerait presque le respect…


Pour commencer, comme on l'a dit, il martèle lourdement que tout cela est totalement authentique, véridique, promis juré, garanti sans trucage, plus vrai que vrai, pour un résultat aussi peu crédible qu'une publicité pour un produit ménager miracle. Il y va comme un camelot de marché, se disant que plus c'est gros, mieux ça passe : il présente son actrice comme étant la véritable psychologue, Abbey Tyler, avant de faire d'innombrables fondus enchainés sonores sur la voix de Milla Jovovich, à partir de pseudo enregistrements attestés, pour bien nous faire comprendre que Milla Jovovich est une actrice, contrairement à celle que l'on veut nous vendre comme une vraie psychologue qui a vraiment vécu les phénomènes paranormaux que l'on nous dépeint une très longue heure et demie durant. Alors qu'Oren Peli parvenait à installer un climat de tension et d'angoisse dans Paranormal Activity, Osunsanmi n'arrive qu'à faire sursauter à l'aide d'explosions sonores qui sortent le spectateur de sa torpeur à intervalle régulier, lui interdisant non seulement de voir un bon film mais aussi de profiter d'une bonne sieste dans une salle climatisée. Il fait également le choix d'une musique pleine d'allant qu'on croirait volée à l'un des blockbusters de Roland Emmerich ou d'un épisode particulièrement remuant de X-Files, quand à l'écran, il ne se passe strictement rien. La seule scène potentiellement réussie du film voit Milla Jovovich pleurer la disparition de sa fille, séquence qui tombe à plat faute à une musique larmoyante et à un montage enchaînant les maladresses. Ce long-métrage forme avec The Cavern un intéressant diptyque sur le thème de ce qu'il ne faut absolument pas faire au cinéma, contre-exemple édifiant pour quiconque s'intéresse à la réalisation.
Yann Lebecque






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